La conception technique du message
Nous voici dans l’une des étapes la plus vitale pour la réussite de votre projet d’envoi d’email. Cette partie comprend deux aspects qui ont la même conséquence s’ils ne sont pas soignés : le fond et la forme.
Pour le fond, de nombreuses règles doivent être respectées notamment au niveau du texte et des appels à action que vous voudrez mettre en avant. Pour la forme, il faudra soigner votre structure du code du message afin qu’il soit bien reçu, visible et impactant par l’internaute.
Nous allons commencer par la technique afin de vous exposer les bonnes et mauvaises méthodes généralement constaté dans la structure du code du message. Le code utilisé est donc l’HTML mais il diffère quelque peu du web. Il sera donc important de teste les emails avant de valider l’envoi à toute la liste de diffusion. Nous verrons plus tard précisément comment réaliser parfaitement des tests.
Aller un peu plus loin
Il faut intégrer dans le code source du message, le code de mise en forme (dit style CSS) à l’intérieur des blocs de paragraphes, tableaux, etc… afin d’éviter des affichages défectueux sur tel ou tel lecteur d’email. Votre code HTML doit donc être inline[1] avec à l’intérieur chacun des styles de vos balises HTML.
Pour les images, n’oubliez pas de remplir clairement le paramètre alt : le texte alternatif lorsque l’image n’est pas chargée.
Le nombre d’images à insérer dépend de votre secteur d’activité. Par exemple, les newsletters dédiées à la cosmétique seront plus riches en visuels. Attention, l’email avec l’image unique est considéré comme du spam par les opérateurs. Mettre autant d’images que de texte est donc vivement conseillé.
Deux versions sont à envoyer simultanément lors d’une campagne d’emailing : la version HTML et la version texte. Il vous vaudra donc vous obliger à créer une version texte de votre message, destinée à être lisible sur mobile et lecteur d’email spécifique. La version texte doit contenir des lignes avec au maximum 50 à 60 caractères par ligne pour une meilleure visibilité sur les smartphones. Selon le site guillaumefleureau.com, environ 5% des internautes ont configuré leur webmail ou client de messagerie pour recevoir les emails sous format texte.
Dans votre HTML, évitez les lignes vides, la technologie flash, les vidéos, les tableaux imbriqués (des tableaux dans des tableaux), les pièces jointes, une taille de police trop grande ou trop petite, de mettre une importance haute à l’email, d’utiliser des couleurs trop vives comme le rouge.
Il est également déconseillé d’utiliser le signe € tel quel, il vaut mieux le mettre en toute lettre ou utiliser le code HTML correspondant[2] pour qu’il soit lisible. De même pour tous les accents dans le texte, faites une traduction de l’ensemble des caractères qui poseront problème.
Si vous voulez agencer votre newsletter en différentes parties comprenant des zones présentées avec un titre différent pour chacun des blocs, ne mettez pas des titres sous forme d’image. Depuis 2008, la plupart des lecteurs d’email bloquent les images par défaut, il faut donc que la newsletter soit quand même assez lisible sans les images.
Pour clore la partie technique, sachez que généralement, et pour une rapidité accrue, il faut que votre message ne dépasse pas les 100 Ko. Pour se faire, n’insérez jamais les images avec votre email mais préférez mettre le lien vers l’image située sur Internet (sur votre serveur ou vers un serveur d’hébergement d’images).
La création graphique du message
Graphiquement, votre message ne doit pas être compliqué, la moitié des internautes liront votre message dans l’aperçu de leur client email (53% des internautes consultent leurs emails dans la fenêtre de prévisualisation : Email Marketing BenchmarkGuide, 2009, MarketingSherpa).
Il est donc important de comprendre que l’espace de lecture est assez restreint pour certains internautes, il est conseillé en conséquence de structurer simplement votre message :
Une largeur de 600px maximum + un bloc haut de 300px de hauteur maximale, identifiant (logo ou texte) de votre entreprise ou association + des titres clairs en texte + un empilement de blocs sur une ou deux colonnes. Il est plus agréable de lire une newsletter centrée qu’une newsletter alignée sur la gauche de l’écran.
Attention : l’absence d’affichage des images ne doit pas être un frein pour la lisibilité. En effet, techniquement, il est bien plus facile et rapide de faire des images, de les découper et les mettre directement dans l’email en espérant que l’internaute accepte d’afficher les images.
Seulement, les destinataires n’affichent les images des messages que lorsqu’ils sont déjà attirés un minimum par le texte.
Voici donc les bonnes pratiques à suivre dans la structuration de la newsletter :
Faciliter la lecture rapide - Alternance texte / visuel et structurer autour de grands visuels humains
Visuel humain en plan rapproché orientant la lecture
Une offre importante en haut de la newsletter
La détermination du contenu du message
Maintenant, nous allons nous pencher sur le fond du message et les éléments indispensables à mettre dans l’email. Juridiquement, vous avez obligation d’informer l’internaute de ses droits de rétraction :
En application de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition, d'accès et de rectification des données vous concernant.
Un lien de désabonnement devra également figurer, mettez le en entête et de façon visible pour montrer que vous ne voulez pas piéger le lecteur. Il aura alors moins tendance à classer votre email en spam. Mieux vaut un désabonnement clair qu’une mise en spam rapide. En B to C, vous avez également obligation d’indiquer avec quels partenaires vous envoyez la newsletter si les opt-in récoltés ne vous appartiennent pas. En B to B, ce n’est pas obligatoire. Il peut être intéressant d’ajouter un lien d’inscription à la newsletter en fin de message si l’email est susceptible d’être transféré (newsletter d’expert, de référence…)
Indiquez vos coordonnées postales, téléphoniques et électroniques si vous pouvez. Plus les choix seront variés et moins le lecteur se sentira trompé.
En haut doivent figurer également un lien vers la version web de l’email et une phrase invitant le lecteur à rajouter votre adresse d’envoi afin d’être bien sur de recevoir la newsletter à chaque fois.
Par exemple :
Pour être certain de recevoir nos messages, ajoutez noreply@entreprise.com à votre carnet d’adresses.
Ces messages ou petites phrases permettent d’améliorer la délivrabilité. Cette notion définie la chance de voir arriver son message dans la boîte email du destinataire. Pour échapper aux filtres anti-spam et être impactant pour le lecteur, vous devez respecter des règles simples :
- Un objet simple, 40 à 50 caractères maximum, sans fausse promesse et n’utilisant pas les mots-clés généralement utilisés par les spammeurs, c’est-à-dire liés au sexe, au médicament, au régime, au jeu de type casino. Dans l’objet, évitez concrètement de mettre les symboles €, £ ou $, des chiffres, les signes de ponctuation tels que !, ? ou %, les majuscules, l’adresse email du destinataire, les termes liés à la gratuité. Eviter les anglicismes ou mots en anglais si votre destinataire est français.
- Mettez le nom de votre entreprise dans le nom de l’expéditeur ou d’un de vos commerciaux pour le B to B. Cela crédibilise votre message et permet de voir d’un coup d’œil le statut de l’expéditeur. De même, mettez votre logo en haut à gauche ou droite.
- Dans tous les cas, différenciez dans la forme et le fond, les messages commerciaux (newsletter de mise en avant de produits, …) des messages de service (confirmation de commande, traitement et envoi de commande, …).
- Personnalisez la campagne. Aujourd’hui, c’est très facile de rajouter le nom ou le prénom du destinataire à l’intérieur de votre message. Allez plus loin en lui proposant des offres sur-mesure en fonction de son historique d’achat ou en fonction des critères qui le définissent (géographie, âge…). Cette personnalisation multiplie les clics de 62% (recherches d’Ansi ANSARI, 2003)
- L’introduction ou l’édito est possible. En effet, le plus important doit être mis en premier et la forme éditorial ou introductive captive le lecteur plus qu’un listage direct des avantages du message. Un court paragraphe permet au lecteur de cerner de quoi retournera le discours.
- Utilisez la méthode AIDA, Attention, Intérêt, Désir, Action. La lecture d’un message doit connaître plusieurs stades de comportement pour le récepteur que ce soit en marketing traditionnel qu’en marketing online. Vous devez donc :
- Accrocher l’attention. Présentez de façon claire votre discours. Intriguez votre lecteur par l’objet de l’email.
- Intéresser. Suscitez de l’intérêt avec un pitch préparé et fluide. Argumentez de façon impactante.
- Déclencher le désir. Créez une relation expérientielle ou sensorielle en procurant le désir chez votre interlocuteur. Précipitez en mettant une offre limitée dans le temps.
- Engendrez l’action. Ne perdez pas de vue que le but final de votre message ou de votre newsletter est bien de transformer en action l’envoi de votre message. Cette dernière prend généralement la forme d’un clic sur un lien. Utilisez donc des verbes d’action.
- Créez des call-to-action efficaces. Les call-to-action sont des appels aux clics. Pour une campagne de prospection (pas encore client ou abonné), il est conseillé de ne faire qu’un call-to-action, clair et visible.
Dans le cas de campagne de fidélisation (newsletter, anniversaire, …), vous pouvez insérer davantage de call-to-action. La question qui est souvent posée est le nombre de liens à insérer dans le message. Les retours d’expérience peuvent répondre à cette interrogation. Selon l’agence Bayadère, pour les emailing commerciaux et les lettres d’informations, vous pouvez vous permettre de mettre de nombreux liens. Pour les jeux concours, la création de trafic vers un site internet, insérez minutieusement et avec parcimonie les liens.
N’oubliez pas de tracker les liens pour assurer le suivi et analyser les retours de vos campagnes. Nous verrons dans la partie suivante comment tracker vos liens hypertexte.
En parallèle, assurez-vous que la page de destination du call-to-action enclenché est aussi efficace que votre message par email. Si c’est un formulaire, il faut qu’il soit court, déjà pré-emplie par les informations récupérées, si possible sans navigation perturbatrice (comme de la publicité ou un menu trop présent). Si c’est une page d’un site, elle doit exister et ne doit pas être trop longue au chargement. Rappelez-vous que vous avez 3 à 4 secondes pour capter le lecteur et il sera attentif pendant 20 secondes au maximum donc ne le perturbez pas.
Si l’on considère le contenu en lui-même, sachez que selon le livre Internet Marketing de Leïla Chabi, il existe 6 types de campagne :
Le but de ce type de campagne est de promouvoir la marque sans objectif de vente.
- Les campagnes de ventes directes ou transactionnelles
Il s’agit de provoquer l’acte d’achat, créer des impulsions. Elle permet ainsi de raccourcir le cycle d’achat.
- Les campagnes de prospection
Comme pour la prospection par téléphone, l’emailing de prospection permet de récupérer des profils de clients potentiels.
L’email peut être utilisé pour la réalisation d’enquête ponctuelle. Par exemple, pour connaître le taux de satisfaction après l’utilisation d’un service après-vente.
- Les campagnes de vidéo mail
Nous sommes encore loin de voir ce type d’emailing se généraliser car les lecteurs de mail ne sont pas encore tous opérationnels pour lire de la vidéo. Néanmoins, dans le futur, ce type de campagne peut être un très bon moyen d’améliorer la viralité d’une bande-annonce de film ou d’un buzz marketing.
- Les campagnes de création de trafic en magasin
Ces campagnes sont souvent utilisées pour les entreprises automobiles pour renvoyer les prospects vers les concessionnaires. Ces campagnes doivent donc contenir une incitation au déplacement : offre promotionnelle, bon de réduction à imprimer, etc… La personnalisation de l’email est poussée dans ce type de campagne car la localisation des magasins proches du client doit être indiquée.
Etude réalisée avec l'aide de Erwan Le Nan
Partie 1 - L'emailing, définition et caractéristiques
Partie 2 - Choisir sa base de données
Partie 3 - Concevoir son message (contenu et design)
Partie 4 - Comment bien envoyer les emails
[1] Sur vos pages HTML web, vous importez une feuille de style CSS avec un lien vers un fichier qui comprend toute votre mise en forme. Ici, il est préférable de ne rien importer car certains lecteurs n’autorisent que l’import des images.
[2] € pour le sigle euro.